Les géants de l’île de Pâques

par Guillaume le 13 novembre 2009

gip4Parfois, certaines idées sont dans l’air du temps. L’année dernière, deux jeux ayant pour thème l’île de Pâques sont sortis coup sur coup. Ces jeux sont Moaï et Les géants de l’île de Pâques. L’année précédente Easter Island, un autre jeu sur le même thème était édité.


Tous ces jeux n’ont de commun que leur thème mais sont bien différents dans leurs mécanismes.


J’ai découvert Les géants de l’île de Pâques à l’occasion du salon d’Essen 2008. Il s’agissait là de la grosse sortie des Editions du Matagot. N’ayant que peu entendu parler du jeu avant la sortie (seul Thomas Cauet qui avait joué sur le prototype au festival de Cannes m’en avait parlé, en bien), je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais le matériel et les illustrations m’appelaient vite à me lancer dans une partie. Et je n’ai pas été déçu.

Les géants de l’ile de Pâques est un jeu que je qualifierai de semi-coopératif. Une petite explication ludo-sémantique s’impose : pour le commun des joueurs, un jeu coopératif est un jeu opposant les joueurs au jeu. On peut citer pour exemple emblématique de ce type de jeux Le seigneur des anneaux de Reiner Knizia. Dans ce jeu, si au moins un des joueurs réussi à envoyer l’anneau au fin fond du Mordor, la Communauté l’emporte sur Sauron. L’ensemble des joueurs a donc gagné et on peut dire que le jeu a perdu ! Mais on peut également penser aux plus récents Ghost stories, Pandémie ou Last night on earth.


gip2Habituellement, un jeu est qualifié de semi coopératif lorsqu’il s’agit d’opposer plusieurs joueurs à un autre. L’un de jeux les plus connus fonctionnant sur ce type de mécanique est Scotland Yard (Mister X contre les autres joueurs) mais on peut également penser aux Chevaliers de la table ronde ou à Battlestar galactica qui introduisent la notion de félon ou de traitre (l’un ou plusieurs des joueurs jouent contre les autres mais cela n’apparait qu’en cours de partie). Enfin, l’extension Sauron du seigneur des anneaux de Knizia permet à un joueur d’incarner Sauron et de jouer contre les autres.

Le jeu devient donc semi-coopératif.

Bien que les géants de l’île de Pâques n’appartienne à aucune des catégories que je viens de citer (si tant est qu’on puisse catégoriser ces jeux), j’ai tout de même envie de le qualifier de semi-coopératif.


Certains diront qu’il ne s’agit pas d’un jeu coopératif du tout mais plutôt d’un jeu de négociation. Pourquoi pas. Mais pour ma part, j’aime à penser qu’il y a de la coopération dans ce jeu.


Je m’explique : dans une partie des géants de l’île de Pâques, tout le monde joue pour soi.

Il n’y a qu’un seul et unique vainqueur.

Pourtant pour gagner, les joueurs vont devoir coopérer les uns avec les autres.

Et c’est par ce biais que le jeu est réellement interactif.

gip3Je ne vais pas ici vous décrire les mécanismes du jeu (pour cela, vous pouvez soit visiter la fiche du jeu sur tric trac, soit lire directement les règles du jeu sur le site dédié des éditions du Matagot) mais sachez que la phase centrale du jeu est celle du transport des Moais d’un bout à l’autre de l’île. A tour de rôle, chaque joueur va pouvoir poser un membre de sa tribu sur le plateau de jeu. Ces hommes vont ensuite transporter les moais sculptés en début de tour. Bien évidemment, il est tout à fait possible pour un joueur de ne transporter ses moais que par le biais des membres de sa propre tribu. Mais il avancera probablement moins vite et moins loin qu’un joueur ayant utilisé des membres des tribus des autres joueurs. Et c’est là que le jeu devient coopératif : pour prétendre à la victoire, vous allez devoir utiliser les pions posés par les autres joueurs.


L’intérêt d’un tel système est le nombre d’alliances temporaires qu’il provoque : « pose donc un gus ici. Moi j’en pose un sur la case suivante et on pourra transporter nos moaïs plus loin ». Du coup, l’ambiance autour de la table est à la négociation, à l’entente cordiale, à la tentative de corruption, bref à la discussion. Et c’est bien là l’un des aspects des aspects les plus agréables de ce jeu. Les géants de l’île de Pâques est un véritable jeu de société dans le sens où il crée l’interaction.


gip1L’un des meilleurs indicateurs permettant de déterminer si un jeu me plait est bien entendu le nombre de parties jouées. Et depuis un an, les géants de l’île de Pâques est un jeu qui n’a pas eu le temps de prendre la poussière dans mon armoire. D’ailleurs, les photos qui illustrent cet article ont été prises la semaine dernière à l’occasion d’une partie où j’ai brillamment écrasé mes adversaires terminant avec une confortable avance de… 3 points.


Un autre indicateur est l’envie que j’ai de faire découvrir le jeu. Là également, Les géants de l’île de Pâques est un jeu que j’aime beaucoup faire découvrir à d’autres joueurs et ce pour les raisons que j’ai évoqué ci-dessus : il est beau et l’ambiance autour de la table est très dynamique.

À mon sens, c’est également un jeu idéal pour faire découvrir aux joueurs occasionnels les jeux de difficulté intermédiaire. Le jeu n’est pas très compliqué à expliquer et à comprendre, d’une longueur très abordable et a un agréable goût de « reviens-y ».


Pour moi, c’est véritablement une réussite.


Les géants de l’île de Pâques

Un jeu de Fabrice Besson

Aux Editions du Matagot en 2008

3 à 5 joueurs


Commentaires (1)

 

  1. fabrice besson dit :

    merci pour ta critique, ça fait bien plaisir!

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