Cache Moutons
Je lis rarement des règles de jeux.
D’abord, parce que je ne suis pas très doué pour ça : j’ai joué pendant des années à Magic avec de mauvaises règles (à ma décharge, les règles étaient en anglais à l’époque).
Ensuite, parce qu’il faut bien avouer que c’est généralement rébarbatif au possible.
Et enfin, parce que je me débrouille toujours pour me faire expliquer les jeux. Je dois être entouré de gens qui adooooorent lire des règles. Ce genre de personnes que l’on pourrait qualifier de geeks et qui prennent un malin plaisir à se coltiner des pages de descriptifs de mécanismes ludiques (a priori, ils se reconnaitront). Vous aurez compris que ce n’est pas du tout ma tasse de thé.
Les 5 dernières règles de jeu que j’ai dû lire doivent concerner des jeux pour enfants. Généralement, elles sont moins longues. Mais à partir du moment où mes enfants sauront lire, il est probable que je leur laisse cette joie de la lecture de règles.
Tout ça pour dire que j’ai lu les règles de cache moutons et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à la lecture des règles, j’étais sceptique.
En gros, dans Cache Moutons un joueur incarne le loup et les autres joueurs incarnent les agneaux qui vont se cacher du loup. Un tour de jeu est on ne peut plus simple : le loup ferme les yeux et compte jusqu’à 10 pendant que comme dans la fable, les agneaux vont se cacher dans les différents meubles en carton du jeu (l’horloge, le lit, la table etc…).
Une fois que tout le monde est caché, le loup va soulever deux meubles pour y trouver les agneaux. Le tout au total pifomètre. Le degré zéro de la stratégie. Ça ne vaut pas un bon Le Havre, ma bonne dame. Pour moi, c’était plié : on allait s’ennuyer ferme.
Autant vous dire que ça n’a pas été du tout le cas : dès le premier tour, la magie opère. Les agneaux sont cachés, le loup vient renifler les meubles et on voit là les enfants devenir tantôt inquiets ou tantôt soulagés de voir le loup s’éloigner de leur possible cachette. A moins qu’ils ne bluffent…
Dans tous les cas, le jeu fonctionne parfaitement et les enfants sont tout simplement émerveillés par l’histoire à laquelle ils participent. Et du coup, l’adulte que je suis est pareillement émerveillé par l’émerveillement des enfants.
Alors certes, ce n’est pas là un jeu d’une stratégie absolue. Encore que… En effet, un animateur d’un podcast ludique que je ne citerai pas est allé jusqu’à nous parler de double guessing en la matière (c’est le même animateur qui adoooore lire des règles de jeu).

J’imagine qu’il faisait allusion aux deux pouvoirs de l’horloge et de la bassine : si un agneau est caché sous la bassine, il gagne deux points, et s’il est caché dans l’horloge, le loup doit libérer un agneau. Enfin, si les agneaux ne sont pas découverts bien évidemment.
Dans tous les cas, les enfants s’amusent, en redemandent et c’est bien là l’essentiel. Les parties sont assez courtes pour que les parents n’aient pas le temps de s’ennuyer.
Si j’avais deux reproches à faire au jeu, ce serait les suivants :
1- les meubles en cartons semblent un peu légers. Mais je m’avance peut être… Il faudra voir à l’usage s’ils s’abiment trop vite.
2- Le jeu s’appelle cache moutons, alors que ce sont des agneaux qui se cachent. Mais c’est vrai que Cache agneaux, ça sonne moins bien.
Les agneaux en bois sont très bien illustrés ; ils ont chacun leur petite personnalité, ce qui les rend d’autant plus attachants pour les enfants. Quant au loup, il est représenté par une sympathique marionnette.
Cache Moutons a obtenu l’as d’or – jeu de l’année pour enfants au dernier festival international des jeux de Cannes.
Et c’est grandement mérité.
Cache Moutons
Un jeu de Frédéric Moyersoen
Pour 2 à 6 joueurs
A partir de 4 ans
Edité par Zoch / Gigamic en 2009
Commentaires (3)







Du double-guessing, que je te dis. Farpaitement !
Je sais que tu es resté un grand enfant Steeve. Si tu veux, je te le prête…
On pourra y jouer mercredi prochain?